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LIGUE 1+ FRAPPE UN GRAND COUP : DIFFUSION INTEGRALE DE LA COUPE DU MONDE 2026


Organisée du 11 juin au 19 juillet entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, cette compétition élargie à 48 nations promet une audience mondiale record. Validé à l’unanimité par les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, ce contrat évalué entre 18 et 20 millions d’euros – droits et production inclus – inclut une co-diffusion gratuite de 54 rencontres sur M6, transformant l’été sans Ligue 1 en vitrine planétaire pour le football français.

Genèse et enjeux de l’accord FIFA

Pilotée par Nicolas de Tavernost, vice-président de la LFP, ce deal s’est négocié en un temps record, profitant des droits payants restants après l’attribution du clair à M6. La plateforme, qui diffuse déjà huit des neuf matchs par journée de Ligue 1, comble ainsi le creux estival entre la fin de saison (mai) et la reprise (mi-août). Mais au-delà de la simple programmation, cette opération vise à fidéliser les abonnés et à attirer une nouvelle clientèle, dans un contexte tendu avec beIN Sports, dont le litige sur le neuvième match prive la LFP de 78,5 millions d’euros annuels.

La FIFA, de son côté, mise sur une dotation globale record de 727 millions de dollars pour les qualifiés – 9 millions minimum par nation, jusqu’à 50 millions pour le vainqueur –, boostant indirectement les clubs via leurs internationaux. Pour la France, déjà qualifiée via Nations League et tirage européen favorable, cet accord renforce l’exposition des Bleus de Didier Deschamps, tout en positionnant Ligue 1+ comme diffuseur premium face à la concurrence.

Ligue 1+ : une success-story naissante

Lancée en août 2025, Ligue 1+ a dépassé le cap du million d’abonnés dès son premier exercice, à 15 euros par mois, générant environ 180 millions d’euros de revenus récurrents hors publicité. L’objectif : 1,5 à 2 millions d’utilisateurs d’ici 2027, pour des recettes cumulées de 300 à 400 millions annuels, une manne vitale alors que les droits TV internationaux de la Ligue 1 stagnent sous la barre des 500 millions. Les clubs, qui se partagent déjà 80,5 millions d’euros pour 2025-2026, y voient un levier direct pour équilibrer leurs budgets.

Cette croissance s’appuie sur une stratégie hybride : matchs en direct, analyses exclusives, contenus immersifs et partenariats sponsoring. Lancée pour contrer la crise des diffuseurs traditionnels (DAZN, beIN), elle s’impose comme l’épine dorsale du modèle économique ligue 1, avec une intégration progressive de tous les matchs dès 2026-2027.

Impacts sur le football français et calendriers perturbés

L’accord intervient après la Coupe du Monde des clubs 2025 (juin-juillet, finale Chelsea-PSG), qui a déjà chamboulé les préparatifs de Ligue 1 en retenant stars comme Mbappé ou Dembélé. Le PSG, leader incontesté après 19 journées avec 45 points (41 buts marqués, 15 encaissés), surfe sur un exercice économique florissant : 837 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024-2025, dopé par billetterie (175 millions) et commerciaux. Lens (43 pts), Marseille (38 pts) et Lyon (36 pts) suivent, dans une saison marquée par l’émergence de nouveaux propriétaires qataris, américains ou émiratis.

Économiquement, cet été 2026 sera pivotal : la CM des nations dopera la visibilité des clubs exportateurs de talents (PSG, Monaco, Lille), tandis que Ligue 1+ monétisera l’événement via abonnements boostés et activations fans. Reste la menace beIN, qui pourrait contester judiciairement, et les défis logistiques d’une production XXL pour 104 matchs.

Perspectives : un nouveau paradigme audiovisuel

Ce partenariat marque le passage de la LFP d’une posture défensive à offensive, transformant Ligue 1+ en hub multi-événements. Au-delà des revenus immédiats, il élève le rayonnement hexagonal, attire sponsors globaux et prépare le terrain pour les JO 2028 ou l’Euro féminin. Dans un écosystème où le PSG pèse seul 30% des revenus ligue 1, cette initiative équilibre les forces, favorisant une redistribution plus équitable. À l’heure où le football français peine à rivaliser avec Premier League ou Bundesliga en droits TV, Ligue 1+ pourrait bien être la clé d’un renouveau structurel.

Alain Jouve



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