Sur le papier, tout concorde : une campagne nationale, une tournée gratuite, des partenaires solides comme l’Assurance Maladie, Decathlon ou Basic-Fit, et une ambition affichée de toucher les publics les plus éloignés du sport. Mais la même rentrée voit entrer en vigueur un Pass’Sport rabaissé à 50 euros par jeune, contre 70 l’an dernier, et recentré sur un critère de quotient familial plafonné à 699 euros qui exclut mécaniquement une partie des familles autrefois éligibles via l’allocation de rentrée scolaire. Le CNOSF et le CPSF ont eu beau réclamer un rétablissement, seule la réintégration in extremis des 6-13 ans a été arrachée dans les tout derniers arbitrages — une victoire de consolation plus qu’un désaveu de la logique d’économie engagée.
Cette logique dépasse très largement le seul Pass’Sport. Faut-il rappeler que le programme budgétaire consacré au sport a reculé de 6,5% en crédits de paiement pour 2026, à 554 millions d’euros, une baisse qui frappe en priorité l’action dédiée à la promotion du sport pour le plus grand nombre, amputée de plus de 50 millions d’euros. L’Agence nationale du Sport, de son côté, a déjà taillé un quart de ses crédits d’équipements courant 2025, renonçant à relancer un appel à projets faute de moyens. Autant de lignes qui, contrairement à une tournée de communication, ne se refont pas d’une année sur l’autre par simple volonté politique.
Un rattrapage qui n’en est pas un
Et la suite n’est guère plus réjouissante… Le PLF 2027, encore en discussion, prévoirait de stabiliser l’enveloppe globale de la mission Sport, jeunesse et vie associative à 1,2 milliard d’euros, un niveau identique à celui, déjà rogné, de 2026. Autrement dit : aucun rattrapage à l’horizon, seulement une reconduction à l’identique d’un budget déjà réduit — ce qui, compte tenu de l’inflation, équivaut de fait à une nouvelle érosion des moyens réels. Le trou creusé en 2026 ne serait donc pas un accident de parcours ponctuel, mais un nouveau plancher.
Septembre Bouge n’a rien d’un mensonge pour autant… l’activité physique quotidienne reste un vrai enjeu de santé publique, et une campagne de sensibilisation ne coûte objectivement rien face aux montants en jeu ailleurs. Mais l’exercice de communication tombe à un moment où le décalage entre le discours et les moyens alloués pour le rendre possible n’a jamais été aussi visible. Reste à savoir combien de temps un mois de mobilisation peut compenser, dans l’opinion, ce que onze mois de restrictions budgétaires défont sur le terrain.
AJ
PakarPBN
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